Du 10 au 15 août 2026, la Turquie et la baie d'Istanbul ont accueilli le championnat du monde de Formula Wing sur le détroit du Bosphore : une seule étape pour prétendre au titre, avec du matériel de série imposé et homologué par la World Sailing (Fédération Internationale de Voile) pour la partie wings et foils, équipements reconnaissables à son propre logo. Le choix de la planche restant libre aux athlètes. Dans des conditions de vent particulièrement capricieuses, le clan français s'est brillamment illustré : Vaïna Picot décroche le titre mondial féminin, suivie de Kylie Belloeuvre qui monte sur la 3e marche du podium. Chez les hommes, le talentueux Thomas Proust a complété ce succès tricolore en s'adjugeant également la médaille de bronze.
François Bovis, coach de l’équipe de France de wingfoil, a guidé les rideuses et les riders français tout au long de la compétition avec un immense sentiment de fierté. D’ailleurs, Vaïna Picot nous partage sa joie et les secrets de sa réussite pour son titre mondial de wingfoil :
“Je suis extrêmement fière et heureuse d’être championne du monde ! Surtout que cette année, à Istanbul, le plan d’eau était particulièrement exigeant : le vent variait entre 8 et 25 nœuds, avec d’importants changements de pression et de direction… Des rafales et des molles sans cesse ! C’était à la fois très exigeant physiquement et surtout mentalement, car je devais rester concentrée et m’adapter à ce type de plan d’eau : il fallait rester lucide et savoir prendre les bonnes décisions !”
Vaïna nous confie d’ailleurs que jamais rien n’est gagné ni perdu d’avance, et revient sur la dernière course de la compétition : “Lors de la finale, il y a eu plein de rebondissements, l’objectif de cette semaine étant de finir en beauté : j’ai manqué mon départ derrière l'Italienne Maddalena Spanu, ma principale concurrente et tenante du titre en 2025 ! Ce qui m’a placé en 2e place au début de la course. Mais je n’ai rien lâché, j'ai dû tout donner et, à mi-parcours, j'ai tenté un choix stratégique audacieux, différent d’elle, pour mettre toutes les chances de mon côté… Ce qui m'a permis de refaire mon retard pour décrocher la victoire et donc l'or. Aussi, la présence du coach de l'équipe de France, François Bovis, a été déterminante pour me rassurer, m’encourager et affiner la stratégie. Enfin, je suis très contente pour mes coéquipiers de l’équipe de France, Kylie et Thomas, qui repartent chacun avec la médaille de bronze sur ce championnat du monde de Formula Wing !”
Récemment couronnée d’or en FreeFly-Slalom sur le circuit GWA, Kylie Belloeuvre enchaîne avec une superbe prestation et nous raconte son parcours sur ce championnat du monde de Formula Wing :
“Cette semaine a été un peu compliquée pour moi : ce n'était pas évident de trouver le rythme, surtout que je concours assez rarement en wingfoil racing. Il a donc fallu que je m'adapte au matériel avec seulement deux jours d'entraînement juste avant la compétition. J'ai eu du mal à me classer à l'avant du paquet tout au long de la semaine. Mais j'ai navigué en mode analyse et apprentissage pendant les quatre premiers jours pour tout donner sur les medal series, qui permettent de remettre les compteurs à zéro. J'étais 8e avant les phases finales. Il fallait ensuite que je passe les quarts puis les demi-finales, ce que j'ai réussi à faire en décrochant la 2e place à chaque fois, pour enfin terminer 3e de la grande finale. Je reviens donc avec une médaille de bronze et j’en suis super contente. Honnêtement, c'est ce que je venais chercher, mais avec plus de difficultés que prévu ! D’autant plus que, même si le plan d’eau était flat, les effets de côte et la proximité de la ville rendaient le vent totalement imprévisible, instable, avec des risées qui venaient parfois de droite, parfois de gauche. Dans ces conditions, un bon départ ne garantissait rien : on pouvait très bien commencer en 1e position et finir 10e à la fin de la course, et vice-versa. On pouvait se refaire comme tout perdre. Rester concentré par rapport au vent et à la lecture du plan d’eau était le mot d’ordre, plus que la gestion de ses adversaires.”
En ce qui concerne la délégation française masculine, elle réalise également une belle performance puisque trois garçons se placent dans le top 10 : Thomas Proust décroche une magnifique médaille de bronze, tandis que Mathis Ghio et Julien Rattotti se classent respectivement 6e et 7e.
Le jeune Rochelais Thomas Proust revient sur sa semaine riche en émotions :
“Dès la première journée, la compétition a débuté par 4 épreuves de longue distance dans un vent de 12 à 20 nœuds. Ce sont des courses qui durent entre 13 et 15 minutes, où toute la flotte court ensemble. J'ai malheureusement totalement loupé mes 2 premières manches, c'était mal parti. Je tombe notamment avant le départ, donc je dois ensuite rattraper tout le paquet, en particulier le groupe de tête si je veux faire un bon résultat d’entrée de jeu. Heureusement, j’ai su réagir immédiatement avec les deux dernières courses de cette journée, me hissant aux 4e et 5e positions, et me classer 9e au général sur cette première journée de compétition. Dès le lendemain, j'ai relevé mon niveau : malgré des conditions changeantes, nous avons enchaîné 6 courses, je m’en suis bien sorti, j’en ai même gagné certaines. Le vent était très light le matin, jusqu’à 15-20 nœuds en fin de journée, où nous avons sorti les petites wings. Je savais qu’il était essentiel de prendre le moins de points possible pour monter au classement général. Mission plutôt réussie puisque cette deuxième journée m’a permis de remonter de quelques places. Le troisième jour, nous sommes passés en Gold Fleet, qui regroupait les 20 meilleurs garçons du classement général. C’est là que les choses sérieuses ont commencé ! Nous disputions encore six courses par jour, dans un vent plus soutenu que lors du début de semaine. J’ai réussi à rester régulier et à me maintenir dans le top 5. Le jour suivant, ça a été un peu plus compliqué : mon coéquipier en équipe de France Julien Rattotti est passé devant moi au classement général et a pris à son tour la 5e place, synonyme de qualification directe en demi-finale. Je me suis alors retrouvé 6e, qualifié pour les quarts de finale, avec une étape supplémentaire à franchir pour rejoindre Julien et le troisième Français, Mathis Ghio, en demi-finale. Enfin, le dernier jour a commencé par le golden ticket qui se fait en une seule course, il fallait terminer 1er, soit 10e au général pour se qualifier et aller en quart de finale, où j’ai ici pris un bon départ, je m'en suis bien sorti en terminant dans les deux premiers, ce qui m’a permis de continuer l’aventure. En demi-finale, le niveau était très relevé, ce qui ne m’a pas empêché de me qualifier pour la suite de l’évènement.”
Croire en ses capacités et travailler dur finit toujours par payer, Thomas en est la parfaite illustration :
“Malgré un départ moyen en finale, je me suis bien repris et j’ai réussi à revenir dans la course dès le deuxième tour, en doublant notamment l’Italien Gregorio Pugliese. Je suis vraiment super heureux de monter sur le podium avec cette 3e place au championnat du monde de wingfoil. C’est une belle récompense pour tout le travail accompli cet hiver et depuis le début de l’année !”
De son côté, Mathis Ghio, champion du monde de Formula Wing en 2025, tire le bilan de cette intense compétition : “Je termine ce championnat du monde à la 6e position, un résultat un peu amer qui ne reflète pas vraiment ma prestation. Même si je suis resté aux avant-postes tout au long de la semaine, entre la 2e et la 4e place, le classement final se joue sur une seule et unique course lors des medal series. C'est donc dur et pas vraiment représentatif de ma régularité sur le plan d'eau d'Istanbul particulièrement difficile, entre rafales et molles. Je suis forcément déçu, mais reste fier de ce que j'ai montré sur l'eau et de ma vitesse face aux meilleurs mondiaux. Cette 6e place n’est pas un mauvais résultat en soi, j'ai bien conscience de la bonne semaine que j'ai effectuée. Je vais maintenant retourner très vite à l’entraînement avec encore plus de rage et de travail pour faire de meilleures races les prochaines fois.”
Après les superbes performances de l'équipe de France au championnat du monde de Formula Wing 2026, l'intensité ne retombe pas… Rendez-vous dès le 30 septembre en Sardaigne pour le retour de la Coupe du monde de Wingfoil Racing, où de nouvelles émotions fortes attendent déjà une partie de l'équipe de France.