Le Championnat du Monde Offshore double mixte, organisé par le Cercle Nautique & Touristique du Lacydon (CNTL), le Yacht Club de France (YCF), le Royal Ocean Racing Club (RORC) et Cap Regatta avec le soutien de la Fédération Française de Voile (FFVoile), aura lieu à Marseille du 23 septembre au 2 octobre prochains. Pour cette troisième édition, la fédération française de voile a retenu deux duos qui représenteront la France : Christopher Pratt/Maïlys Radulic-Ferrat et Thomas André/Colombe Julia.
Après la victoire Française lors de l’édition 2025 à Cowes (Royaume-Uni), le Championnat du Monde Offshore double mixte débarquera pour la première fois à Marseille, une première en Méditerranée ! En revanche, ce n’est pas la première fois que la compétition, qui s’inscrit dans le plan « Navigation Offshore de World Sailing » visant à promouvoir la diversité et l’égalité des sexes, se disputera dans l’Hexagone. En 2024, elle avait eu lieu à Lorient. Cette année-là, Basile Bourgnon et Elodie Bonafous, grands favoris de l’épreuve, avaient vu la victoire leur échapper au profit des Britanniques Cal Finlayson et Maggie Adamson pour 65 petites secondes. De leur côté, Loïs Berrehar et Charlotte Yven avaient décroché le bronze. En 2025, les Français avaient remportés le titre avec la paire tricolore Thomas André/Théa Khélif, en Angleterre. Un beau pied de nez pour les vainqueurs en titre.
Cette année, le Championnat du Monde Offshore double mixte réunira 19 équipes de 14 nations à Marseille, toujours sur le même format : jusqu’à deux courses qualificatives, un repêchage et une finale « winner takes all » à bord de Sun Fast 30 One Design fournis pour privilégier la tactique et l’équité.
Un plan d’eau que Christopher Pratt connait bien pour vivre à Marseille. « Je suis trop content de cette opportunité, qui n’arrive pas souvent dans une vie : participer à un Championnat du Monde… de course au large…à Marseille…chez moi ! C’est génial d’avoir été sélectionné avec Maïlys. On est un duo improbable mais super complémentaire. C’est une barreuse de grand talent et une fine régatière. J’ai un peu d’expérience au large alors ça fait un bon mix », commente Christopher Pratt. « Le plan d’eau est plein de pièges. C’est la Méditerranée mais en plus sur un format 24 heures, on va avoir des rebondissements, des zones sans vent, des zones de vent fort, des effets côtiers à gérer, bref un cocktail explosif ! On se prépare au mieux depuis juillet avec Maïlys, en essayent de capitaliser sur nos points forts et de profiter d’être sur site pour naviguer sur les bateaux et aussi faire les boucles des parcours proposés par l’organisation. Notre objectif ? C’est dur à dire. Il faut déjà passer en finale, et ensuite, tout est possible. Il y a beaucoup d’équipages qui connaissent les bateaux et le format. Le podium de l’année dernière et d’autres nations comme l’Espagne et la Belgique sont très forts aussi. Je le prends avec ambition mais aussi humilité. Nous sommes loin d’être favoris, mais si on déroule notre partition, on pourra peut-être jouer les trouble-fête ».
De son côté, Maïlys Radulic-Ferrat, dont le projet principal est le 49er FX, se réjouit de participer à ce Mondial pour la première fois avec Christopher Pratt. « Je fais mes études à Brest. En mars dernier, j’ai reçu un message me disant que Christopher, que je ne connaissais que de nom, cherchait quelqu’un pour la Massilia Inshore en last minute. Je fais surtout de la voile légère et du dériveur mais ça s’est super bien passé à tous les niveaux : mise en place, confiance mutuelle, connexion, vitesse. On a gagné quatre manches et l’étape ! A la fin, il m’a proposé de postuler pour le Mondial. Comme je suis en année de transition vu que je change d’équipière, j’ai accepté. C’est une super nouvelle d’avoir été sélectionnés. Il faut que j’apprenne à naviguer avec Christopher que je découvre, que je reprenne mes repères sur le bateau, notamment réussir à se mettre les voiles dans l’œil. Il y a un vrai apprentissage à faire niveau sensations et gestion humaine de l’offshore pour arriver à rester lucide : la nourriture, l’hydratation, le sommeil, la navigation de nuit, les vêtements, l’énergie, etc. », commente-t-elle. Avant d’ajouter : « Je suis heureuse de naviguer et de commencer à mettre un pied dans le milieu de la course au large. Christopher a beaucoup d’expérience et il a une manière de transmettre très positive, saine et posée. J’ai envie d’apprendre un maximum et de tout mettre en place pour réussir au mieux sachant que je suis compétitive et perfectionniste. En tant que novice, j’ai du mal à me projeter sur le niveau de la flotte. On va essayer de passer en finale après les qualifications et d’aller chercher un podium, voire un titre. Cap Regatta nous met à disposition les bateaux, ce qui nous permet de nous entraîner dessus ».
Le tenant du titre de retour sur la compétition
Thomas André défendra son titre à Marseille, avec Colombe Julia cette fois : « J’aborde de Championnat du Monde un peu différemment de l’année dernière. J’y avais participé avec Théa. C’était une première. On avait à cœur de représenter la France en Angleterre après avoir vu la première édition échapper aux Français à Lorient. On était hyper contents de ramener le titre avec nous. Malheureusement, cette année, Théa ne peut pas y participer vu qu’elle fait la Route du Rhum. C’était une petite déception de ne pas pouvoir le refaire avec elle mais je suis très content d’avoir Colombe comme co-équipière. On se connaît depuis très longtemps, on faisait du 470 ensemble. On sait tous les deux qu’on a les valeurs qu’on a envie de mettre dans un projet comme ça. J’ai entièrement confiance en elle. On a des parcours assez similaires. C’est cool de pouvoir naviguer ensemble. Ça ne va pas être simple car on n’a pas pu beaucoup se préparer. On rentre tous les deux de L’Aventura, qui vient de se terminer. On part à Marseille dans une semaine pour naviguer le plus tôt possible en Sun Fast 30 OD. Ça fait un an que je n’ai pas navigué dessus. Et Colombe naviguera pour la première fois sur ce bateau. Il va falloir se remettre vite dans le rythme, retrouver nos réglages et sensations, essayer de transmettre le plus possible à Colombe pour lui donner les clefs que j’ai pu trouver avec Théa l’année dernière. On va prendre contact avec Maïlys et Christopher et échanger un maximum avec eux vu qu’ils naviguent depuis plus longtemps sur le bateau et qu’ils connaissent bien le plan d’eau. Le but est de se tirer mutuellement vers le haut. On espère bien faire. En étant tenant du titre, je reviens pour le défendre et essayer d’aller en chercher un nouveau avec Colombe. C’est clairement l’objectif. Je pense que c’est aussi celui de Christopher et Maïlys même si c’est compliqué vu que ce n’est pas un circuit à l’année, avec des concurrents que l’on rencontre tout le temps. On ne sait pas trop à quoi s’attendre niveau concurrence mais l’an dernier, on a très bien navigué avec Théa, ça s’est très bien passé donc aujourd’hui, on va essayer de mettre la même rigueur avec Colombe. Et le défendre à la maison, ça a une saveur particulière même si gagner à Cowes était sympa, c’était une petite pique aux Anglais. Je pense qu’il y aura plus de pression à la maison mais ça ne veut pas dire que ça sera plus compliqué. On aura du soutien. J’ai hâte de prendre le départ avec Colombe ».
Un avis partagé par Colombe Julia : « Je suis super contente de représenter la France au Championnat du Monde Offshore double mixte. C’est la première fois que j’y participe. La compétition aura lieu à Marseille, sur un site que je connais bien pour m’y être souvent entraînée en dériveur dans le cadre de la préparation pour Paris 2024. Je connais bien Thomas car on a fait du 470 dans la même équipe. On n’était pas sur le même bateau mais on s’est entraînés ensemble à Brest. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. On s’est ensuite retrouvés ensemble en course au large au centre d’entraînement de Lorient. On a eu envie de faire ce championnat ensemble parce qu’on se connaît bien. Je serai ravie de partager ces moments-là avec lui. On sort d’un mois de course sur l’Aventura et ensuite, on va descendre à Marseille pour s’entraîner avant le Mondial. Le gros enjeu sera la récupération, mais on est hyper motivés et on a hâte de retourner à Marseille sur ce beau plan d’eau et d’aller chercher un podium sur ce Championnat du Monde. C’est notre objectif, on verra ce qu’on arrive à faire ».
A suivre !